Introduction

Ex-consommatrice de pointe qui s'éveille aux joies de la simplicité volontaire et essaie de retrouver au quotidien un lien avec la nature et une douce décroissance, je partage principalement ici mes découvertes et repérages, des bouts de cheminement et mes lectures.

13 avril 2007

"Mais c'est gratuit!"

Souvent il m'arrive de devoir me battre pour ne pas consommer. Je ne parle pas de résolument décider de ne pas acheter quelque chose, mais d'affirmer et répéter ses positions pour ne pas se retrouver avec la gadgetterie de consommation qui prolifère éhontément.

Petit exemple de harcèlement ordinaire et tout à fait légal.

Succombez par exemple à vos bas instincts en allant dans une grande surface vous acheter votre parfum car le flacon à domicile est vide ou quasi. Déjà, vous regrettez d'être encore trop faible pour acheter du parfum alors que ça n'est pas naturel du tout et plein de mauvaises substances et allergène etc., mais voilà vous payez par l'inconfort de cette traversée le prix de vos failles en cours de résolution.
Lorsqu'enfin votre tour vient à la caisse, vous devez vite intervenir lorsque votre achat (tout petit de taille) est immédiatement glissé dans un sac en plastique.
- Non merci, j'ai mon sac, ça ira.
Réponse habituelle, accompagnée d'une surprise méfiante dans les yeux:
- Vous êtes sûre?
Une fois ce premier problème réglé, restez bien sur vos gardes, le moment le plus difficile arrive.
- Non merci, je ne souhaite pas d'échantillons
(pause d'incompréhension choquée)
- Vous êtes sûre?
- Oui.
- Mais vous ne voulez pas découvrir les autres parfums?
- Non merci, j'ai le parfum qui me convient, que je viens de racheter d'ailleurs.
- Mais c'est gratuit madame!
La parade pour calmer tout le monde face à la panique teintée d'incompréhension: proposer de donner les échantillons refusés à la personne derrière soi. Jusqu'ici, personne n'a décliné l'offre…

Mais ailleurs encore.

Là où il m'arrive encore d'aller de temps en temps m'acheter un sandwich à midi, et où pour "fidéliser la clientèle" (oh la jolie expression) ils offrent des petits chocolats à chacun(e). Le cirque habituel: "Vous êtes sûre? – Mais c'est gratuit!"
Pire encore, on me les a un jour glissés de force dans le sac.
- C'est gentil mais je n'en veux pas, merci.
- Vous les voudrez sûrement tout à l'heure.
- Je ne pense pas.
- Allez, tout le monde a le droit de se faire plaisir, et puis c'est gratuit!
Ce jour-là je ne m'en suis pas sortie, j'ai fini par les offrir à un collègue.

Apparemment, dans notre belle et grande société où l'on est censé vouloir toujours plus et plein de tout, surtout de l'inutile, refuser quelque chose de gratuit serait profondément choquant. Limite délinquant.

J'en conclus que je suis apparemment une sacrée hooligan.

11 commentaires:

borniol a dit…

Non mais attends, t'as peut-être pas bien compris, ou alors on ne t'a pas bien expliqué : c'est *gratuit*.

GRA-TUIT.

Tu vois ?

Guillaume a dit…

Rien n'est gratuit, tout travail mérite salaire, travailler peut provoquer une mort lente et douloureuse, travailler plus pour gagner plus, la valeur argent, la valeur travail, l'avenir appartient à ceux qui se lèvent tôt mais ça dépend pourquoi, la vie on l'aime ou on la quitte.

Et tu voudrais refuser un peu de gratuité dans ce monde de brutes avides?

Ca me dépasse.

Guillaume a dit…

Au passage, est-ce que tu as pensé à tous ces emplois que tu détruis? Ces familles, ces enfants, le ventre vide mais bombé, l'oeil innoncent qui voudrait juste jouer, courir, rire un peu, être un enfant, en somme.

Un enfant de quatre ans, il a faim, et toi tu dis "non, j'ai pas envie d'un échantillon de parfum, tu continueras à avoir faim et puis c'est tout". Et lui il ne dit rien. Il continue à avoir faim, sans rien dire. Son père vient d'être viré de l'usine d'échantillons de parfums (on y fabrique aussi les mini-savons pour hôtels, les lichettes de beurre et toutes sortes de petites choses, avec amour et minutie), il a faim lui aussi, mais il réconforte son enfant et fait mine de boire l'échantillon, pour le distraire. L'enfant finira aux urgences.

Mais non, ça, tu t'en fous, hein.

Guillaume a dit…

J'en profite, enfin, pour rappeler à tes lecteurs que s'ils sont eux aussi témoins de comportements odieux similaires, ils peuvent joindre le service de la répression des comportements anti-consommation en tout anonymat afin d'aider à débusquer ces dangereux individus.

Voter est un droit, consommer un devoir.

Oui, je sais, ça marche pas en Belgique, ma formule. Je sais. Bon. Voilà.

Nadia a dit…

Autre "cadeau", même combat : j'ai eu les pires difficultés à faire comprendre à SEUFEUREU que, non, je ne voulais pas de 150 (sic) SMS gratuit pendant les 2 premiers mois de mon renouvellement d'abonnement.

Et j'éprouve toujours la même stupéfaction talonée de près par une angoisse terrible à la lecture du slogan que les employés des hypermarchés Carrouf portent sur leur dos : "Bonjour! Comment puis-je vous aider à mieux consommer aujourd'hui?"

Guillaume a dit…

Tu inventes, là, le slogan bidule, hein, dis? Tu inventes?

Nadia a dit…

Je suis totalement incapable d'imaginer ça toute seule! C'est des oufs chez Carrouf... Je panique à l'idée qu'un jour, y'en ait un qui veuille *vraiment* savoir comment m'aider à mieux (plus?) consommer aujourd'hui (et le lendemain donc) Aaaaaah! En plus, j'ai toujours peur de parler à ces suppots de Satan parce qu'ils se balladent dans les rayons en roller (ben oui, c'est super grand un hypermarché...)

lune_neptune a dit…

C'est bel et bien vrai! Et pire, ça rentre dans le cadre d'un "programme": le "programme Mieux Consommer" de Carrefour... Une belle récupération pour faire semblant sans rien faire de concret.
Carrefour joue au grand humain qui aime la planète - au secours...

Pif a dit…

En rollers. Bien sûr. Tout le monde te croit.

Non, mais sans déconner?

@lune => C'est bien que tu n'as jamais entendu les grands discours humanistes de Leclerc et Messier (du temps de Sa Gloire), en substance: la politique est morte, il est temps que l'Entreprise assume son rôle social, moral, etc, etc...

Quand j'y repense, les sales enculés, quand même.

Wismerhill a dit…

Si si, ils sont en rollers.

Certains sont débutants d'ailleurs. BWAHAHAHA

Glup a dit…

Et mon slogan préféré est: "Je croyais que ma chemise était blanche, mais la sienne a la blancheur Persil"