Introduction

Ex-consommatrice de pointe qui s'éveille aux joies de la simplicité volontaire et essaie de retrouver au quotidien un lien avec la nature et une douce décroissance, je partage principalement ici mes découvertes et repérages, des bouts de cheminement et mes lectures.

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6 octobre 2008

La féministe et la machine à coudre

Pendant longtemps, j’ai regardé des outils comme la machine à coudre comme des signes de l’exploitation de la femme et par conséquent comme des objets à rejeter violemment en tant que féministe avérée. Clairement, cet objet allait de pair avec la femme au foyer, exploitée et sans ressources, à la merci de son mari encravaté...

Depuis ces dernières années, mon rapport à cette imagerie a évolué. Car finalement, la machine à coudre en elle-même n'est pas dominatrice, elle ne diminue pas la valeur de celle qui l'utilise. Non, ce qui crée cette image, c'est notre vision sur la chose: la machine à coudre est nécessairement utilisée par une femme évidemment parce qu'elle est moins intelligente et qu'elle n'a bien sûr pas de (vrai) travail. Et c'est finalement cela que je rejette. C'est la symbolique que nous avons appris à projeter dans l'objet "machine à coudre" qui est problématique, pas l'objet en lui-même.

Et voilà donc que je me suis penchée de plus près sur ce phénomène: lorsque j'étais petite, ma mère se retrouvait souvent derrière sa machine à coudre, tout comme elle brodait, crochetait, tricotait,... Mais elle travaillait également et a monté beaucoup d'échelons hiérarchiques au point qu'elle n'a plus depuis longtemps le temps d'utiliser cette fameuse machine à coudre et qu'elle le regrette. Et quelle est la couleur principale qui se dégage de ces "années machine à coudre" dans mes souvenirs? La joie de pouvoir dessiner des formes sur du tissu et les voir transformées en "poupées" (mutantes, vu mon art de la forme humaine vers mes 3 ans) dans les 24h, le plaisir de pouvoir avoir exactement les rideaux que l'on souhaite même lorsqu'ils "n'existent pas", l'incroyable bonheur d'avoir des vêtements uniques dans un tissu déterminé ensemble et faits sur mesure,...

Dans une démarche de simplicité volontaire, la machine à coudre a sa place tout en haut. Bien loin d'être synonyme de restrictions, elle est un outil de liberté: elle permet de réparer soi-même des vêtements ou autre en prolongeant leur durée de vie, de créer des rideaux, habits ou sacs personnalisés, des jouets uniques (et pas en plastique!) pour les enfants et grands adultes, voire des éléments de décoration, etc.

Et pourquoi ne seraient-ce que les femmes qui les utilisent? À cela, à chacun de donner la réponse qui lui chante (quitte à beaucoup m'énerver). En tout cas moi, j'ai vu il y a longtemps mon père me coudre des rideaux, et pas plus tard qu'hier mon mari s'attaquer à la réparation d'un sac à dos en toute première interaction avec cet engin qui a fait une entrée triomphale chez nous l'an dernier.

Bon, ne me reste plus qu'à maîtriser la confection de vêtements "comme dans ma tête"...

Pour démarrer bien guidé(e): http://atelier-naturel.over-blog.com/

6 juillet 2008

Consommation meets sexisme: High Heels

Cet après-midi a lieu à Bruxelles la première d'un nouvel événement lié aux soldes: la Louise High Heels (It's time to run for glamour). Lorsqu'on m'a transmis l'info, je n'en revenais pas. Le principe de base: 200 femmes habillées "fashion chic" (!) participent à une course de 100 mètres en hauts talons (7 cm minimum) pour gagner 10 mille euros en bons d'achats à utiliser dans les magasins chics du goulet Louise...

Pour enrober le tout, il y aura évidemment également de la musique, des défilés, mais aussi un stand coiffure et un make up artist. Et attention, le sexisme va ici dans les deux sens, puisque dans les activités annexes figure notamment une "garderie pour hommes de plus de 18 ans"! On n'a plus assez de doigts pour compter les clichés en présence... ça doit être ça, le fun trendy qui m'échappe.

Mais heureusement, certains veillent au grain et ne vont pas laisser passer ceci sans vagues. Ainsi, le collectif Sold'@appelle à l'action pour relever l'indécence de cet événement, entre tracts, déguisements et calicots le jour-même. Voici leur message sur l'événement:

- il ridiculise les femmes et met leur intégrité physique en danger (risque de chute, d'entorse... d'ailleurs, cynisme ou humour involontaire, une entreprise de bandages et de sparadraps figure parmi les sponsors...), sans compter les critères de sélection des concurrentes (sur photo !).
- il renforce les stéréotypes les plus éculés, avec les "hordes de femmes... qui se déchaînent sur la piste" (sic !!) et vont à la chasse aux "bonnes affaires", tandis que les hommes, eux, se concentrent sur leurs e-mails et des jeux vidéo ! Les soldes étant présentées comme une espèce de "loisir pour femmes" (justifiant, bien sûr, l'ouverture des magasins le dimanche...), comme si les hommes, eux, ne devaient ni s'occuper de leurs vêtements ni se préoccuper d'habiller les enfants que pourtant, selon les dernières découvertes scientifiques, on fait à deux !
- il appelle à la consommation (de luxe), ce qui est une insulte pour tous ceux (et toutes celles) qui ne font pas les soldes par "plaisir" mais parce qu'il faut bien se débrouiller avec des budgets de plus en plus serrés !

Pour ceux qui passeraient par ici à temps, vous trouverez ici les tracts à imprimer et distribuer lors de la High Heels.

ATTAC et Respire ont relayé l'action, qui semble inquiéter puisque la Maison des Femmes, qui organisait hier un atelier de préparation pour manifester aujourd'hui, a reçu un appel des renseignements généraux qui souhaitaient savoir ce qu'elles allaient faire exactement. Il faut bien dire que dans les sponsors de cet événement figurent carrément la RTBF (radio télévision de service public) et... la Région de Bruxelles Capitale! Bref, c'est la totale...

2 novembre 2007

Livre du moment: The whole Woman

Germaine Greer
The whole Woman

Quatrième de couverture:
Reviving the debate she launched with The Female Eunuch, in thirty-five self-contained 'chapterkins' of fiery rhetoric, authoritative insight, outrageous humour and broad-ranging enquiry, Germaine Greer once again sets the agenda for the future of feminism, arguing that in spite of a widespread feeling of complacency, the woman question is far from answered.

Malgré mes avancées "féministes", j'avoue que je n'avais jamais entendu parler de Germaine Greer jusqu'à ce que Witch Haya me recommande ce livre, à la suite d'une discussion sur Cunt de Inga Muscio (j'y reviendrai certainement, car c'est indispensable, tout simplement). Je suis ravie qu'elle l'ait mis sur ma route, et je me retrouve à lire au-delà du sommeil tant c'est intéressant. Rageur et parfois trop carré? indéniablement. Mais les sujets abordés sont justes, les angles adoptés m'apportent des éléments de choix et de possibilités de réponses, et viennent enfin (comme avec Cunt) des mots sur ce que je ressens sans toujours le comprendre.

Alors merci Germaine, et merci Haya.

2 août 2007

Monologues et dialogues du vagin

Si je dis Eve Ensler, vous connaissez? Pas tous, bon. Si je dis Les Monologues du Vagin, il devrait en avoir plus qui réagissent. Mais si je dis V-Day ou Vagina Warrior…?

Rappelons le principe et l'origine. Dans les années 90, l'américaine Eve Ensler a rencontré de nombreuses femmes qui lui ont parlé de leur sexualité et de leur rapport à leur vagin – ces rencontres ont donné naissance à la pièce de théâtre Les Monologues du Vagin, traduite en plus de 40 langues, jouée à travers le monde par de nombreuses actrices dont une partie du gratin d'Hollywood, et également publiée en livre.

Mais ça ne s'arrête pas là. Les conditions de la pièce sont bien précisées: elle doit être interprétée par une ou des femmes, et les bénéfices doivent être reversés à V-Day, organisation née de ce mouvement qui aide les femmes à travers le monde à mener des projets pour lutter contre violences envers les femmes.
La définition officielle: V-Day is a global movement to stop violence against women and girls. V-Day is a catalyst that promotes creative events to increase awareness, raise money and revitalize the spirit of existing anti-violence organizations. V-Day generates broader attention for the fight to stop worldwide violence against women and girls, including rape, battery, incest, female genital mutilation (FGM) and sexual slavery.
Vaste programme, long combat…

Dans l'enregistrement ci-dessous (ignorez la pub au début et à la fin, merci d'avance!), Eve Ensler commence par interpréter le début de la pièce, puis raconte comment est né ce mouvement et ce qu'il lui a apporté – des anecdotes également évoquées dans The Good Body et Insecure At Last: Losing It In Our Security-Obsessed World.
Une bonne introduction pour découvrir la femme, la pièce l'organisation.

(durée: 21 minutes)

Et la suite, ce sont notamment des Monologues différents qui prennent vie, comme les Monologues voilés de Adelheid Roosen.

À bon entendeur, à bonne entendeuse...